
Un article intéressant sur Fluctuat/Sexe revient sur le syndrome de Koro, ou la peur de perdre sa bite. Un jour, les organes génitaux perdront leurs caractères symboliques et redeviendront des organes génitaux. Ce sera beau, je voudrais être là quand ça se passera. Prévenez-moi. Merci.
Hystérie : Pathologie dont l'origine lexicale nous vient du grec "hystera", signifiant utérus. Pendant longtemps, on a cru (ou voulu faire croire) que l'hystérie était une maladie typiquement féminine, traduisant les humeurs bizarres de l'utérus. La psychiatrie au 19e siècle, Freud et les autres, n'ont pas vraiment aidé à casser ce mythe, la psychanalyse ayant utilisé l'hystérie féminine pour établir la théorie sur les névroses. On parle alors d'envie du pénis chez la jeune fille, qui va jalouser toute sa vie le membre masculin. Mouais. On explique aussi l'hystérie par le second rôle jouée par les femmes dans la société, celles-ci trouvant dans ces manifestations étranges une manière inconsciente de dire merde aux hommes.
Histrionique : Néologisme inventé pour en finir avec l'hystérie, trop féminin. Celui-ci vient du latin "histrio" qui veut dire acteur. On ne s'intéresse désormais plus au sexe, mais aux troubles en eux-mêmes, alors qu'ils se font de plus en plus rares dans la société occidentale. La vérité, c'est qu'il existe aussi des hommes hystériques. La preuve avec cet article de wikipédia qui m'a informé d'un mal que je ne connaissais pas : le syndrome de Koro. Se manifestant d'abord dans les sociétés asiatiques et africaines, il s'agit d'une panique collective liée à la perte du pénis. Ce syndrome touche donc essentiellement les hommes, en groupe, même s'il existe aussi des cas où des femmes ont peur de perdre leurs seins ou leurs organes génitaux externes. Si le koro part le plus souvent un individu, avec les effets de la rumeur, l'anxiété peut contaminer toute une région. Le premier cas de "panique du pénis" fut signalé au IIIe siècle dans un texte de médecine chinois. C'est la sorcellerie qui est en cause, provoquant une remontée du pénis à l'intérieur du corps, puis la mort. Parfois, on accuse aussi les étrangers, comme en Thaïlande en 1976, où des supposés agents vietnamiens communistes auraient contaminé l'eau locale avec leurs maudits produits chimiques.
En Afrique, les cas de victimes de ce syndrome font partie d'une très longue liste dont les médias nous informent de temps en temps. La foule en colère s'attaque aux sorciers tueurs de pénis, provoquant souvent des morts par agression collective. Au Bénin en 2001, en RDC en 2008, au Ghana. Au Soudan, c'est à Khartoum qu'en 2003, les SMS s'échangent sur des sorciers capables de faire disparaître votre pénis rien qu'en vous serrant la main ou par formule magique. Les autorités n'arrivent pas à calmer les hommes apeurés, certains médias accusent même des sionistes de vouloir éradiquer le peuple soudanais en empêchant les hommes de procréer.
Comment naissent de telles peurs ? Si le manque d'éducation, surtout en biologie, et les croyances superstitieuses ont évidemment leur rôle à jouer, je crois que le traumatisme de la castration y a aussi sa part. N'est-ce pas une peur profonde, communément partagée par les hommes, de perdre un jour son joujou qui fait plaisir ? Les psys pensaient que les femmes le jalousaient, mais les hommes y tiennent sans doute beaucoup plus. D'ailleurs, un autre mythe populaire existe dans de nombreuses cultures : certains vagins veulent manger vos pénis. Vous êtes prévenus.




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