Agnès Giard
Un article (comme toujours) très intéressant chez Agnès Giard...avec lequel je ne suis pas vraiment d'accord. Si l'on met de côté l'argument, recevable, selon lequel dans un système où la sécurité sociale existe, quelqu'un qui tombe malade (ici : choisit de tomber malade) fera payer sa maladie à la communauté, je ne vois pas sur quel autre critère s'offusquer de telles pratiques. Personnellement, je n'irai pas dans ce genre de soirées, mais si certains choisissent de le faire (la "preuve" étant qu'ils vont jusqu'à payer pour y participer), je ne vois pas le souci. S'il y a consentement, c'est tout ce qui m'importe, après chacun voit le midi de la transgression à la porte de son cul (hihi).
Nadiya, Hélène, Carla, Maria et Anaïs organisent chez elles —dans une ambiance «conviviale»— des gang-bang avec boissons, amuse-gueules et surtout sexe sans capote, pour une participation aux frais variant entre 50 et 100 euros. Quid des frais de couronne mortuaire ?
Sur le site Love Gang Bang, les petites annonces sont explicites : «J’ai très envie de m’amuser», proclame Nadiya, qui oublie de mentionner qu’elle a aussi très envie de mourir. Une blonde nommée Cum-girl («fille à sperme») affirme : «J'aime me faire baiser queue nue et sentir le sperme couler dans mes orifices. J'organise mon prochain GANG-BANG 100% NO KPOT. Age et physique sans importance seule votre semence m'intéresse.» Kenza dont le surnom est «pute no capote» invite également les hommes à se «vider» en elle «sans tabous».
Quant à Chriss, elle précise : «Avec ma copine Véro, nous allons profiter à 100% de tes pénétrations (vaginales et anales) et j’avalerai le sperme de tous.» La moitié des annonces mentionne explicitement qu’il s’agit de soirées bareback. Pour information, le mot bareback est un terme d'équitation propre au rodéo. Bareback désigne à l’origine le fait de monter «à cru» un cheval, sans selle ni étriers. Le cheval a donc le dos nu (bare back).
Pour moi qui fait partie de la génération sida —celle de l’hécatombe— il est impossible de lire ces textes sans colère. Impossible également de rester indifférente quand je lis qu’en octobre dernier, il y a à peine plus d'un mois, le Banque Club, club du 8ème arrondissement de Paris, a réservé ses locaux pour l’organisation d’une soirée bareback dédiée au sexe sans préservatif.
«C’est la première fois qu’une telle soirée est organisée dans un établissement gay de la capitale, commente l’association Act Up. Pour se rendre à cette soirée, les participants devaient s’inscrire sur internet moyennant 18,50 euros pour recevoir l’adresse de l’établissement. L’événement présenté comme une soirée privée «totale BAREBACK et Trash» était organisé par le site squatNoK ("le squat des barebakers français et francophones").» En réaction, une quinzaine de militant(e)s d’Act Up-Paris ont défilé devant le Banque Club, aux cris de «Complice du sida», «Non au bareback business», «Ici la vie d’un pédé ne vaut rien».
Hélas, il semblerait que beaucoup de personnes trouvent le comportement d’Act Up abusif. Vouloir empêcher les gens de s’entre-contaminer ? Quelle scandaleuse «ingérence» protestent certains séropositifs, qui militent pour le droit de «plomber» tous les volontaires à la «fécondation». «L’idée de plomber peut être entendue comme l’idée de transmettre le HIV (et d’autres MST), explique un de ces défenseurs sur le site BarebackZone. Je pense pour ma part que c’est surtout l’utilisation d’une réalité morbide mise au service du plaisir ! Une manière fantasmée de transformer le plomb en or !»
A noter : le surnom de ce défenseur contient l’expression (déjà vue plus haut) «No tabou». Pour les adeptes du bareback —qu’ils soient hétéros ou homos—, le message est donc clair : baiser sans capote, c’est faire la révolution. Par cet acte soi-disant «subversif», ils revendiquent le droit de faire ce qu’ils veulent de leur vie… Un pied de nez au conformisme ambiant, probablement. Parce que c’est tellement «conformiste» de tenir à la vie, la sienne et celle des autres.
A Sida Info Service, on m’assure que j’exagère. «On», c'est-à-dire, la personne (une femme) qui répond aux appels. Le risque de mourir du sida serait maintenant très réduit : la médecine a fait des progrès, me dit-on, lorsque j'appelle le numéro vert (0 800 840 800). «Il n’y a que 5 à 6% d’échec thérapeutique», c’est-à-dire que 5 à 6% «seulement» des personnes ayant été contaminées peuvent passer en «phase» sida et décéder. Quant aux séropositifs qui font l’amour entre eux sans capotes, ils ne font guère que se «surcontaminer», c’est-à-dire se transmettre des virus de souches différentes, «ce qui peut entraîner des phénomènes de résistance au traitement». Pas de quoi s’inquiéter donc (si j'en crois ce qu'on me dit). Les risques, encore une fois, ne sont guère plus élevés que… de fumer trois paquets de cigarette par jour. (C'est eux qui le disent ?)
Libre aux gens d'avoir des pratiques à risque. Qu'ils se rendent malades s'ils veulent, mais qu'ils ne demandent pas à la société de payer pour eux. Qu'ils foncent dans des platanes. Qu'ils sautent du troisième étage. Qu'ils embrassent des serpents venimeux, même… Mais qu'ils le revendiquent comme une forme de plaisir et de transgression ? Je ne comprends pas le plaisir qu'il y a à se rendre dépendant de médicaments et devenir un assisté à vie.
Soumis par admin le lun, 11/03/2008 - 14:10.
 Il existe au Japon une industrie en plein boom de love-dolls —des poupées grandeur nature à l’aspect hyper-réaliste—, que des milliers d'hommes achètent, habillent, soignent et… aiment. Tabo vit avec 40 poupées, 40 compagnes de silicone à l’aspect hyper-réaliste. Quand on entre dans son appartement, dans la petite ville de Sataima, en banlieue de Tokyo, on ne sait plus où mettre les pieds. Célibataire, 45 ans, salarié dans une grande entreprise de télécommunications, il vit au milieu de ses love-dolls comme un pacha dans son harem. Il prend son bain avec elles. Il les habille. Il dort et mange en leur compagnie. Quand on lui demande pourquoi, Tabo rit : «Je ne sais pas si je pourrai tomber amoureux d’une vraie femme, dit-il. Je préfère les poupées. Ce sont plus des meubles qu’autre chose, mais des meubles avec lesquels j’aimerais vivre toute ma vie, parce qu’elles sont tellement mignonnes!» Elles sont tellement mignonnes qu’il existe au Japon un magazine de charme uniquement consacré à ces gadgets high-tech. Intitulé I-Doloid (Jeu de mot sur aï, amour en Japonais, idole et android), le magazine affiche clairement ses ambitions : faire des love-dolls les playmates de demain. Lancé en novembre 2000, I-Doloid se taille un succès énorme en déshabillant des poupées dans des poses suggestives. Le créateur du magazine —Chikahiro Kawamura— estime à environ 8 000 le nombre de lecteurs réguliers, tous propriétaires de poupée : «Mais ça augmente, explique-t-il, car le business des poupées est en plein essor et les gens ont besoin d’être informés sur les nouveaux modèles qui sortent.» Chaque usine de poupée offre le choix entre 2 et 6 modèles anatomiques. La plus grosse entreprise —Orient industry, créée il y a vingt-cinq ans— en propose jusqu’à 15. Mais chaque modèle peut être combiné avec des têtes différentes. Quand un client commande une poupée, il peut se la procurer avec plusieurs visages au choix, ce qui multiplie par dix la variété des modèles. Les vagins en silicone —des tubes roses à insérer dans les orifices de la poupée— sont également livrés à part et disponibles en différents modèles, de tailles et de formes diverses… mais tous lavables en machine ! «Pour personnaliser encore plus leur compagne, certains hommes se font faire des poupées customisées, qui coûtent jusqu’à 3 millions de yens, explique Kawamura. Je pense que nous sommes au début d’une ère nouvelle. Quand il sera aussi naturel pour un homme de posséder sa poupée que pour une petite fille de posséder sa Barbie, alors nous pourrons dire que nous avons fait du progrès.» Basées à Tokyo, une dizaine de compagnies se partagent ce lucratif marché des ersatz d’épouses à l’aspect quasi-vivant. Chaque année, elles publient des catalogues de poupées spécialement conçues pour le marché nippon et présentent des modèles toujours plus attractifs aux noms doux et chantants : Mika, Yui, Mitsumi, Kunika, Sanae, Misaki… Elles ont l’air si réelles. De la pointe de la langue entre deux lèvres humides à la pupille de verre légèrement dilatée, ces répliques articulées semblent douées d’une existence propre. Elles sont d’ailleurs vendues avec des fiches techniques proches du curriculum vitae : âge, taille, poids, mensurations… Ce sont les petites amies idéales, formatées pour offrir une illusion troublante. A Unison, prestigieuse marque de poupées japonaises, les modèles sont photographiées en studio comme des stars. «Ce ne sont pas des poupées gonflables, insiste l’attaché de presse. Ce qui compte pour nous, c’est le charisme qu’elles dégagent. Et l’impression de vie. Leur peau est en silicone, donc aussi douce qu’un épiderme. Elles ont des os articulés, un coccyx, une colonne vertébrale et peuvent croiser les jambes, se replier en chien de fusil, tendre les bras…» Mais ce qui compte chez ces poupées, c’est le visage : angélique, rempli d’innocence et surtout sans sourire. Sugawara Fumitaka, créateur de la société Level D —qui fabrique parmi les poupées les plus chères (4500 euros) et les plus recherchées du Japon—, propose des modèles au visage si perméable, à l’expression si mystérieuse que son carnet de commande est rempli jusque fin 2009. Les clients doivent attendre huit mois avant de recevoir leur modèle ! «Les poupées ne doivent pas sourire, explique Sugawara, quand on lui demande son secret. Les poupées doivent avoir l’air vacantes, pour que leur propriétaire puisse projeter sur elles ses fantasmes. Elles ne doivent offrir aucune résistance et renvoyer nos rêves en miroir.» Sur le marché japonais, ce sont justement les Candy Girls Jewel, des modèles de poupées à l’aspect particulièrement romantiques —le regard vague et la bouche entr’ouverte— qui se vendent le mieux en ce moment. Nakasato, le représentant d’Unison confirme: «Au Japon, on dit que le "Visage est tout pour la Poupée". C’est un beau visage virginal que recherchent les clients.» La société Unison — créée en avril 2004— a déjà écoulé plusieurs centaines de ces poupées mimétiques qui se conforment si parfaitement aux fantasmes. «Nos clients ont entre 25 et 50 ans, explique Nakasato, mais les trentenaires sont les plus nombreux. Ils sont assez riches, car les poupées coûtent cher. Ils ont généralement fait de bonne carrières, des études supérieures et n’ont jamais eu le temps de se consacrer à leur vie privée. Bien sûr la plupart sont des célibataires endurcis, mais il y en a aussi des mariés. Parmi nos clients, il y en a même un marié qui loue un appartement pour sa love-doll et l’entretient comme une maîtresse !» Il existe en France une société - Doll Story - qui se charge de gérer pour vous le problème des douanes, du transport et surtout de la commande personnalisée des poupées japonaises. Cette société possède un showroom dans lequel on peut toucher et voir les modèles courants.Doll Story : BP 39002 – 69265 Lyon cedex 09 – France. Tel. : 04 78 27 30 66
Soumis par missk le ven, 08/08/2008 - 09:50.
|